La grande reunion

10 rencontre

Je plaçai une boîte avec „Le Coquillage de Présage” au milieu de la table de la cuisine et je regardai le cercle des invités assis tout autour. Ils étaient arrivés sans retard, à l’heure convenue, et chacun avait son bagage de voyage avec lui. Tous étaient là : L’Oiseau Bleue, le Renard, le Lièvre et, bien sûr, Tulipinette. Elle était venue sans bagage, car il était caché sous le vieux fauteuil dans la cuisine.
– Merci d’avoir été si ponctuels à cette réunion. Je suggère de commencer cette rencontre en vérifiant le contenu de chaque bagage et faire une sélection de choses nécessaires pour le voyage. L’excédent, nous le garderons ici, chez moi et le récupérerons à notre retour. Commençons par l’Oiseau Bleue et pendant ce temps-là, Tulipinette ira retrouver son sac à dos. C’est d’accord?
Conformément à l’ordre, tous mes invités entreprirent de vider leurs sacs sur la table. Ils semblaient pressés de partir à l’aventure!
Assise à ma gauche, l’Oiseau Bleue, y déversa une énorme quantité de céréales. C’était le seul, contenu de son sac, mais un énorme contenu. Toutes sortes de graines aux couleurs douces composaient cette palette naturelle du tas. Les granules secs, beiges et jaunes se mélangeaient avec des germes ovales des verts juteux. Des graines de tournesol, noires et oblongues, apparaissaient également un peu partout, comme les touches noires sur un clavier de piano uniforme. De temps en temps, en transvasant soigneusement le tout, on pouvait apercevoir les petites perles rouges, probablement celles d’une branche d’aubépine ou d’un arbuste qui lui était semblable.
-Ma chère, lui dis-je gentiment, je ne sais pas si nous pouvons transporter toute cette réserve. Tu dois choisir les graines les plus rares et les moins communes, le reste nous le trouverons en cours de route.
Un peu incertaine et après une courte réflexion, L’Oiseau Bleue acquiesça et accepta la démarche. Puis, elle se mit rapidement au triage. La montagne des céréales diminua considérablement ce qui m’incita à laisser pousser un soupir de soulagement.
-Maintenant à mon tour! dit Tulipinette, déterminée.
Elle vida son petit sac à dos orange, rempli jusqu’aux limites de ses capacités et moi, voyant cela, je m’assis impressionnée sur la chaise. Je me sentais démunie de mots pour décrire et commenter ce que je venais de voir.
– Tulipinette, nous ne pouvons pas prendre ces choses avec nous. Toutes ces feuilles, morceaux de tissus, bâtons et coquillages sont certainement ton unique trésor, mais nous trouverons d’autres choses intéressantes en cours de route et, pour cela, nous devons disposer de beaucoup d’espace libre dans nos bagages. En particulier, ces différentes grosses pierres ne sont pas un élément indispensable pour nous. Il y en a beaucoup sur le chemin! Essayai-je de convaincre Tulipinette, prenant garde à ne pas la froisser.
– Eva, c’est mon désordre artistique, tout comme ton atelier! dit ma petite amie, puis elle ajouta : Toutefois, je pense que tu as raison disant que je vais certainement trouver sur le chemin de nombreux autres éléments intéressants pour enrichir ma collection.
A ce moment, des frissons d’incertitude me traversèrent le dos, car j’imaginais ma Tulipinette me ramener chez moi tout un monde extérieur plein d’éléments de faune et de flore au sens le plus large du terme.
– Nous verrons le moment venu ce qui sera transportable. Pour le reste, nous allons le tout simplement dessiner en fonction des besoins. De cette façon, leur trace restera dans notre monde artistique sans faire de gâchis.
– Oh, quelle merveilleuse idée! Tulipinette accepta rapidement ma proposition et convaincue de mes arguments, décida de laisser son sac à dos vide.
– Cependant, tu dois impérativement emporter avec toi des vêtements chauds : un bonnet, des gants, une écharpe et des bottes en caoutchouc, rouges, que tu pourrais emprunter de la Mademoiselle d’Aquarelle. C’est au cas où le temps ne nous serait pas clément.
– Je cours! Sa réaction fut immédiate.
Je rassemblai les trésors qu’elle avait laissés sur la table dans une boîte vide et les mis sur l’étagère libre de la bibliothèque.
– Bon, maintenant c’est au tour de Renard et de Lièvre de nous montrer leurs bagages, me tournai-je vers mes autres petits amis.
Tous deux n’avaient pas grand-chose comme bagage, seulement leurs cache-oreilles pour les journées froides et aussi leurs écharpes. Il n’y avait rien à ajouter ou à soustraire ici. Je les félicitai-je.
– C’est à moi de vous montrer mon sac, annonçai-je à Tulipinette et à toute l’assemblée.
– Je meurs de curiosité! avoua Tulipinette et le Lièvre sauta sur la table, pour mieux voir.
– J’ai donc un carnet de croquis, des crayons et un taille-crayon. Cela est absolument nécessaire! Ensuite, il y a une éponge, un bol pour l’eau et quelques tubes d’aquarelles en couleurs de base. C’est au cas où la route serait finie et que je devrais la poursuivre en la dessinant.
Tout le monde se pencha sur mon sac à dos pour voir comment tout y était trié. Je dois dire que j’étais fière de mon organisation.
– Qu’est-ce que c’est ? demanda le Lièvre, en pointant sa patte vers le rouleau de tissu blanc.
– Ceci est une toile de peinture pour une peinture à l’huile. J’ai aussi quelques clous dans le sac, un marteau, de l’huile, de la colle un peu spéciale et du Gesso, et des pinceaux. Je vous explique immédiatement à quoi ils servent, dis-je en voulant anticiper les questions qui se manifestaient déjà dans les expressions des visages de mes petits compagnons d’aventure. Eh bien, dans une situation où il n’y aurait ni ponts ni toit pour protéger nos têtes, je pourrai les peindre rapidement et nous serons en sécurité. Pour cela, il faut utiliser la peinture à l’huile, car d’autres techniques ne sont pas aussi durables ni résistantes qu’elle.
– Bravo, bonne idée! – les applaudissements généraux et la satisfaction de mes amis me rendirent très heureuse.
– Merci, merci beaucoup! dis-je en m’inclinant avec un rire. Je vais juste ajouter que nous allons faire le plein de nourriture et de pigments en chemin. Ce sera plus rapide et plus facile.
– Eh bien, „tout est à point” et nous pouvons commencer notre voyage, s’impatienta Tulipinette.
– Non ! Nous devons encore nous reposer avant la route, suggéra le Lièvre.
– Depuis quand es-tu devenu si somnolent ? s’énerva la petite orangée. Tu sautilles toujours quelque part et tu n’as jamais sommeil!
– Il a raison, confirmai-je les dires du Lièvre. Maintenant, nous allons nous coucher, et au matin, quand le coq Antoine se mettra à piailler et que mon réveil sonnera, nous nous retrouverons ici. Après un petit-déjeuner complet, car il faut bien se nourrir avant l’effort, nous nous engagerons sur la voie des aventures et de la découverte.
Sur ces mots, en une seconde, il n’y avait plus personne à la table.
Tout le monde se dispersa très rapidement et moi j’ajoutai en murmurant ces quelques mots :
– A demain.
Et nous partîmes tous dormir.
Alors, à demain!

Pour mieux connaitre Tulipinette et la personne qui la dessine et en parle dans le texte, sélectionne ce billet TULIPINETTE.

Lis l’histoire !

19 L’abime blanc

L'abime blanc 19 rencontreUne grande ombre noire surgit sur nous avec tout son élan. Comme un nuage noir et menaçant, ses ailes déployées au-dessus de nous, nous poussèrent dans l'abîme blanc, étendu à nos pieds. - Je tombe! cria Tulipinette terrifiée. - Restez...

18 La centrifugeuse

La centrifugeuse 18 rencontreIl était là-bas, en arrière-plan. Des couleurs chaudes et ensoleillées se mélangeaient entre elles, mais sous l’influence d'un remaniement constant, elles prirent finalement des nuances vert-bleuâtre. Des tourbillons de couleurs, rapides...

17 La troisieme porte

La troisieme porte 17 rencontre- Tulipinette, dépêche-toi, vous aussi ! pressai-je mes compagnons. En les tirant derrière-moi, je me dirigeai vers le Renard, figé sur place. - Nous sommes arrivés à la Porte d’Harmonie et nous devons à tout prix garder nos silhouettes...

16 La deuxième porte

La deuxième porte 16 rencontre- Eve, je n’en peux plus ! Je vais lâcher ! Tulipinette haletait et soufflait accroupie sous le portail noir et blanc. Je m’étais assise en tailleur sur ce sol collant pour dessiner la situation actuelle. Pendant ce temps, elle tenait...

15 La premiere porte

La premiere porte 15 rencontreJe sortis Murex de mon sac à dos, ainsi que mon matériel de dessin : un petit bloc pour des croquis, quelques crayons, un taille-crayon et une gomme. - Je vais dessiner ce paysage, au cas où nous devrions revenir après avoir passé l'une...

14 Trois portes

Trois portes 14 rencontre- Eve, tu sais que je ne suis pas une rapporteuse, non? C'est ce que me demanda Tulipinette quand nous nous accroupîmes tous derrière des touffes et des nuages colorés. -Oui je le sais. Cependant, ce n'est pas le bon moment pour de telles...

13 Le brouillard de couleurs

Le brouillard de couleurs 13 rencontre- Alors quoi ? On court pour rejoindre le groupe ? demanda Tulipinette quand finalement je me matérialisai à côté d’elle sur la surface picturale. - Je ne pense pas que nous ayons le choix, répondis-je sans tourner autour du pot....

12 Le passage

Le passage 12 rencontre- Eva! Eva! Il me manque encore le ruban de mes pointes ! Je ne peux absolument pas passer ma deuxième jambe de ce côté-là ! jeta les hauts cris Tulipinette toute emmêlée. - Oh, pardon ! Excuse-moi ! Je corrige immédiatement cette erreur ! Le...

11 Le depart

Le depart 11 rencontre- Eva! Lève-toi ! Lève-toi ! C'est déjà le matin ! Quelqu'un me tirait par la manche de ma chemise de nuit et criait d'une voix stridente à mes oreilles endormies. J’ouvris un œil, le droit en premier. Le second ne répondit pas à ma commande, car...

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